À la découverte du réseau Sentinelles avec le Dr Victor Vincent

Actualité

Publié le 24 juin 2026

Depuis six ans, le Dr Victor Vincent, médecin généraliste au centre de santé Filieris de Courcelles-lès-Lens, participe au réseau Sentinelles*. Il contribue à la remontée de données de terrain essentielles pour suivre l’évolution des épidémies et adapter les recommandations de santé publique. Interview.

Portrait du Dr Victor Vincent sur fond gris

Le Dr Victor Vincent, médecin généraliste au centre Filieris de Courcelles-lès-Lens, dans le Pas-de-Calais

En quoi consiste votre mission au sein du réseau Sentinelles ?

Ma mission principale consiste à assurer une veille et une surveillance épidémiologique à partir des situations rencontrées dans ma pratique quotidienne de médecin généraliste.

Concrètement, lorsque j’identifie certains cas de maladies surveillées, je transmets des données anonymisées au réseau. Ces informations sont ensuite centralisées et analysées par des équipes de recherche, notamment de l’Inserm, afin d’alimenter les travaux de Santé publique France et d’aider à suivre l’évolution des épidémies sur le territoire.

Le réseau repose sur plusieurs acteurs de la santé de premier recours : médecins généralistes, pédiatres, SOS Médecins…

Comment se déroule le suivi des épidémies dans votre activité ?

Au quotidien, cela consiste principalement à déclarer certains cas rencontrés en consultation. La démarche est relativement simple et rapide : quelques informations sont renseignées sur une plateforme dédiée, ainsi que par courrier postal afin de contribuer à la surveillance nationale.

En période hivernale, je participe également à une surveillance virologique des infections respiratoires aiguës. Avec l’accord des patients, je réalise des prélèvements qui permettent d’identifier précisément les virus qui circulent, comme la grippe, le Covid-19 ou encore la bronchiolite ou la coqueluche.

Ces analyses permettent de suivre en temps réel l’arrivée des épidémies, d’identifier les différents sous-types de virus et d’aider les autorités sanitaires à ajuster les stratégies de prévention, notamment vaccinales.

Quelles sont aujourd’hui les principales maladies surveillées ?

Les indicateurs surveillés sont globalement les mêmes sur l’ensemble du territoire national. Nous suivons notamment les infections respiratoires comme la grippe, le Covid-19, la bronchiolite ou encore la coqueluche.

D’autres pathologies sont également surveillées : varicelle, rougeole, oreillons, zona, diarrhées aiguës, maladie de Lyme ou encore certaines infections sexuellement transmissibles. Chaque semaine, des bulletins épidémiologiques permettent d’observer les évolutions régionales et nationales.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager dans cette mission ?

Il y a d’abord l’envie de contribuer, à mon échelle, à une meilleure efficacité de la santé publique. Les données recueillies par le réseau permettent d’orienter les campagnes de prévention, les recommandations sanitaires et l’organisation des soins.

C’est aussi une expérience enrichissante sur le plan professionnel. Le réseau Sentinelles permet d’échanger avec des médecins, des infectiologues ou des épidémiologistes, d’accéder à des données actualisées et de participer à une véritable communauté médicale.

La participation au réseau Sentinelles me permet également de contribuer à des études de recherche clinique, ce qui est particulièrement passionnant et essentiel en soins primaires.

* Créé en 1984, le réseau Sentinelles est un système national de surveillance épidémiologique coordonné notamment par l’Inserm et Santé publique France.